La Forêt Domaniale des Andaines
Présentation :
L'étymologie du mot Andaines prête à controverse : l'origine pourrait être le mot " Andaines " : quantité d'herbe coupée par le faucheur à chaque pas, ou venir du mot " dan ", d'origine celte et signifiant élévation, ou venir du mot " andelle " qui signifie hêtraie dans la région. Andaines pourrait aussi venir du nom de Diane, déesse romaine des bois et de la chasse.
La Forêt Domaniale des Andaines s'étend sur 19 kilomètres de longueur et 2 à 10 kilomètres de largeur.
Elle représente 5400 hectares divisés en 473 parcelles numérotées à leurs angles, et elle est issue de la " Sylvia Andenae " du haut Moyen-Age, grand massif boisé qui s'étendait de Domfront à Alençon, séparant la Normandie du Maine.
Son point culminant se situe à 313 mètres et 3 rivières la traversent : la Vée, la Maine et la Gourbe.
La Forêt des Andaines a toujours appartenu au domaine de l'Etat et réunit depuis La Révolution 2 massifs : celui des Andaines à l'Ouest (4120 hectares) et celui de la Ferté-Macé à l'Est (1317 hectares).
L'altitude varie de 308 mètres sur la Route Forestière du Mont-en-Gérome, près du Rond des Dames,
à 130 mètres au voisinage de la Gourbe, dans le Massif de La Ferté.
L'altitude moyenne sur l'ensemble du massif est de 200 mètres.
Le relief est constitué de chaînons parallèles, orientés Nord-Ouest/Sud-Est, séparés par des vallons où coulent de nombreux ruisseaux : ruisseau du Fief aux Bœufs, du Gué de la Chèvre, de Prise Pontin, de la Mousse, des Grandes Planches, du Vivier, de la Fieffe (massif des Andaines), ruisseau du Rocher Broutin et du Pissot (massif de La Ferté).
Des étangs, naturels ou artificiels, occupent ces mêmes vallons : étang de la Forge, de l'Ermitage, de Prise Pontin, de Bagnoles, de la Cour.
Après la grande réformation des Eaux et Forêts de Colbert, effectuée par le chevalier Hector de Marles, Seigneur de Tassigny et conseiller du Roi, un arrêté du 2 octobre 1674 fixe l'aménagement de la forêt " d'Andeyne et de La Ferté-Macé " qui couvre à cette époque
15 749 arpents (8 038 hectares).
Sous la Révolution, les deux massifs sont réunis pour former l'actuelle Forêt des Andaines, qui, après bien des vicissitudes, a vu sa surface réduite peu à peu, jusqu'aux 5 437 hectares actuels. Durant le dernière guerre, la forêt servit de cadre aux mouvements de résistance (1942/1944) ; les peuplements ont souffert des combats et des bombardements (poche de Falaise).
Les endroits les plus touchés ont été reboisés en hêtres et résineux, mais il subsiste encore des traces importantes dans certaines parcelles. Jadis la forêt faisait vivre toute une communauté d'artisans. On y trouvait des charbonniers, des tonneliers, des charpentiers, des boisseliers.
Le bois alimentait également les tours des potiers, des tuiliers, des verreries et des forges locales.
Relief :
Historique :
Au point de vue géologique, la Forêt s'intègre au Massif Armoricain et recouvre des terrains antécambriens et primaires : phyllades de Saint-Lô précambriennes ; grès armoricain ; schistes d'Angers et grès de May ordoviciens ; grès siluriens et granit de Vire carbonifère. Les sols de nature siliceuse sont donc pauvres dans l'ensemble ce qui explique en grande partie la répartition des essences constituant les peuplements.
Routes et chemins :
La Forêt domaniale est traversée par la route nationale 808 de Domfront à l'Aigle, la route nationale 816 de Couterne à la Ferté Macé et 9 routes départementales ou communales, soit, en tout, 38 kilomètres de voies publiques.
De plus, on compte 32 kilomètres de routes forestières goudronnées ouvertes à la circulation, 16 kilomètres de routes empierrées et 69 kilomètres de routes et sommières en terre naturelle, difficilement accessibles aux véhicules.11 circuits pédestres, totalisant 43 kilomètres, ont été balisés. Des itinéraires équestres et une zone de silence de 750 hectares sont à l'étude pour être créés prochainement.
Géologie :

Actuellement, chênes, hêtres et pins sylvestres couvrent la majorité de la forêt, qui compte 40% d'essences feuillues et 60 % de résineux. Le chêne rouvre représente 6/10èmes des feuillus.
Le hêtre représente 4/10èmes des peuplements feuillus existants, cette essence réputée traditionnellement normande, se plaît sur les sols siliceux de la forêt et prend de plus en plus d'extension, remplaçant le chêne. Le pin sylvestre, quant à lui, a été introduit à partir de 1830 pour mettre en valeur les espaces les plus pauvres (crêtes gréseuses, taillis dégradés et improductifs).

Les essences :
Il représente 75% des résineux et forme de très beaux peuplements, âgés et mûrs pour la plupart. Sous leur abris assez clair, le sol est envahi par la bruyère et la fougère ou la molinie, ce qui constitue un grand risque en cas d'incendie.
Pour cette raison, et parce que le pin sylvestre est une essence acidifiante pour le sol, on s'efforce de diminuer la surface impartie au pin en introduisant d'autres essences résineuses. C'est l'exemple du sapin pectiné (essence montagnarde).
Son introduction en Andaines est assez récente et il en existe très peu de peuplements adultes. L'épicéa commun, introduit depuis une centaine d'années, représente 20 à 25% des résineux. Associé au pin ou au sapin il est réservé aux bas-fonds, aux tourbières et aux fonds de vallons. Entrepris au siècle dernier, devant l'épuisement de certains peuplements et les besoins en essences résineuses, les enrésinements se font actuellement en essences exotiques à croissance rapide : Douglas Vert surtout…
En bordure de quelques routes et à de nombreux carrefours ont été introduits des bouquets d'essences à rôle ornemental, tels que le Cyprès de Lawson, le Thuya, le Tsuga heterophylla. D'autres essences (pins, sapins, feuillus et résineux divers) figurent à l'Arboretum de l'Etoile.
Les arbres remarquables :
Il se dresse en forêt de La Ferté-Macé au milieu d'une parcelle (n°46) en régénération. Il est ainsi baptisé en souvenir du garde forestier Hippolyte Foinet (1876-1956) qui demeurait au carrefour de l'Epinette. Sa circonférence atteint 5 mètres à 1.30 mètre du sol. Il serait âgé de 350 à 400 ans !
Le Chêne Hippolyte :
Les 7 Frères : (parcelle 219)
Ils se trouvent au carrefour du Sape du Cerf. La circonférence est de 5.79 mètres à
1.30 mètre du sol. Ce sont des chênes.
L'un des 7 a reçu de nombreux éclats lors des bombardements de 1944.
Les 11 frères (ou fouteaux) (parcelle 164)
Ils se sont formés par une cépée de hêtres qui ont émergé ensemble.
La hauteur de la cépée serait de 23.30 mètres et la circonférence de 5.85 mètres à 1 mètre du sol. En réalité les 11 bras originels sont réduits à 9.
Le Fouteau de la Vierge (parcelle 76), Le Chêne de la Maure…
Les 11 Frères (ou Fouteaux) : (parcelle 164)
Autres arbres
remarquables
:

La faune de la Forêt des Andaines comporte des représentants de la vie animale habituelle
à la région. Pour l'essentiel, elle se compose de gros gibiers.

La vie animale :
Les oiseaux : Parmi ceux que l'on peut rencontrer ou entendre, on citera le Coucou, le Ramier, le Geai, les Corbeaux, les Buses, le Faucon crécerelle sur les lisières, les Hulottes, Chevêches et toute la cohorte de petits passereaux sylvicoles, les canards et les petits échassiers à proximité des eaux et des lieux humides.
Les mammifères : Ils comptent, en 1er rang, le cerf, qui donne l'occasion de traditionnelles chasses à courre. Le chevreuil est relativement moins abondant, le lièvre est visible ça et là et le sanglier présente une population fluctuante d'une année sur l'autre.
On trouve également les petits et moyens carnassiers, caractéristiques des grands massifs forestiers : belette, putois, fouine, renard, blaireau
Les poissons :
Les rivières et les étangs abritent truites, brochets, carpes, perches, gardons, chevesnes et anguilles. La pêche s'exerce dans une partie de ces rivières et plans d'eau, qui sont loués généralement à des sociétés de pêche.
Ailleurs, la pêche est interdite, les cours d'eau constituant des réserves ou des ruisseaux-pépinières.
La forêt des Andaines et ses légendes :
Plus romantique, " Andaine ", la fée des Bruyères, à la beauté inaccessible, est souvent aperçue en automne, au sommet de blocs escarpés, assise à peigner ses longs cheveux par les nuits de pleine lune. Quant à la " Chasse Fantastique ", qu'on appelle encore dans le bocage " chasse Hellequin " ou " Artus " ou encore " Herpine ", elle mène grand tapage sous les buissons d'Andaines par les nuits d'orage. On l'éloigne en tirant des coups de feu en l'air, mais ne vous hasardez pas, si vous la rencontrez, à proférer les mots fatidiques " pars en la chasse ", vous recevriez infailliblement comme une volée de bois vert à moins que le diable Hellequin ne vous gratifie incontinent d'un morceau de cadavre de rongeurs ou pire encore…

Les Gorges de Villiers,

L'Arboretum de l'Etoile,

La Roche aux Loups,

A ne pas manquer en Forêt des Andaines...

La Tour de Bonvouloir,

Le Prieuré Saint Ortaire,

La Chapelle Sainte Geneviève (érigée en 1856)…

 

Informations sur la chasse (jours de chasse, situation des battues) : Tél./fax : 02.33.37.25.64
Charte du ramasseur de champignons

Informations pratiques :
Pour toute visite guidée
sous la conduite d'un agent de l'ONF :
Tél. : 02.33.37.23.17
Depuis toujours, la nuit venue, les fées investissent la Forêt des Andaines.
On connaît Gione, la malfaisante, qui résidait sur le dolmen qui porte son nom. On la disait très méchante, elle aimait s'inviter aux veillées du voisinage depuis qu'elle avait vu, il y avait de cela bien des années, dans une ferme d'Andaines, des enfants faire chauffer de l'eau dans des coquilles d'œufs placées devant l'âtre. C'était un soir de mardi gras. Depuis, elle revient souvent au même logis et les manants, qui la craignaient, firent pour s'en débarrasser, rougir la galetoire et la posèrent sur sa chaise. Brûlée, la Gione s'enfuit par la cheminée et si on ne la revit jamais dans une ferme du bocage, nul ne se hasarderait à la nuit tombée dans les parages de son dolmen entre Bonvouloir et Bagnoles.